Un patrimoine local malmené

Le regard sur le patrimoine reste au début du XXe siècle cantonné aux édifices majeurs de l'architecture comme les châteaux, les abbayes, les églises ou les monuments antiques. On s'intéresse encore très peu à l'architecture civile comme les maisons d'habitations ou certains bâtiments publics utilitaires. D'autant, qu'avant la loi fondatrice de 1913, les moyens légaux des autorités restent limités tant la notion de propriété privée est ancrée dans les esprits et dans la Constitution. Au Croisic, plusieurs constructions anciennes de valeur feront les frais de ce regard sélectif et pas encore suffisamment exercé. On pense en premier lieu à l'ancienne mairie de la place Dinan, vaste bâtiment de la première moitié du XVIIe siècle qui sera démolie en 1909 sans état d'âme et remplacée dans sa fonction par l'hôtel d'Aiguillon. Des maisons d'habitation font aussi les frais de modernisation radicales comme l'hôtel de Kersalio quai de la Petite Chambre avec sa belle façade en granit et à perron, qui est remanié en 1912. Déjà certains érudits à l'époque s'étaient émus de cette disparition. Plus tardivement, dans les années 1940, ce sera la tour d'escalier coiffée d'un dôme à l'impériale d'une maison rue du Traict, qui est arasée. La notion de périmètre des 500 mètres est encore toute récente (1943).

Ancienne mairie
L'ancienne mairie, place Dinan

Ho tel de kersalioL'hôtel de Kersalio sur les quais avant sa disparition

Tour rue du traictLa tour de la rue du Traict avant sa disparition